Objectifs Les femmes enceintes dans les pays à revenu faible et intermédiaire, y compris au Mali, font souvent face à des difficultés d’accès à des informations de santé complètes et à des services adaptés. Les interventions de m-santé, en particulier celles basées sur les SMS, ont montré un potentiel pour répondre à ces défis de santé maternelle. Cette revue vise à proposer une vue d’ensemble des applications existantes de soins prénatals basées sur les SMS et à évaluer leur efficacité dans l’amélioration des résultats de santé maternelle et infantile.
Méthode Une revue systématique de la littérature a été menée sur la base des lignes directrices PRISMA 2020 mises à jour.
Sources de données PubMed, Scopus, Web of Science, la Cochrane Library, l’eLibrary de l’Association for Information Systems, Direct Science et Google Scholar ont été interrogés jusqu’au 25 mars 2024.
Critères d’éligibilité Ont été incluses les études portant sur des interventions par SMS conçues pour améliorer l’information liée aux soins prénatals et la fréquentation des consultations, publiées en anglais ou en français, menées dans des pays à revenu faible et intermédiaire et publiées entre 2014 et 2024. Les critères d’exclusion éliminaient les études ne rapportant pas d’issues primaires ou n’impliquant pas directement des interventions par SMS pour les soins prénatals.
Extraction et synthèse des données Les données pertinentes ont été extraites de manière systématique, notamment les caractéristiques des études, les détails des interventions et les mesures de résultats. Le risque de biais a été évalué à l’aide de l’outil Cochrane Risk of Bias pour les essais randomisés (RoB 2), de ROBINS-I pour les études non randomisées et de la checklist CReDECI selon le type d’étude. Une analyse en sous-groupes a été réalisée pour explorer les variations des résultats selon les régions et les designs d’étude.
Résultats La revue a identifié un ensemble d’interventions par SMS (n=12) différant par leur public cible, la fréquence des messages (hebdomadaire, orientée par stade de grossesse) et leur contenu (rappels dans 91,7 % des cas, messages éducatifs dans 75 % des cas et signes de danger dans 16,7 %). L’analyse régionale met en évidence une forte activité de recherche en Afrique de l’Est, avec des niveaux de significativité variables. L’analyse par type d’étude montre que les essais contrôlés randomisés obtiennent les résultats les plus significatifs, cinq études sur huit montrant une significativité complète, tandis que les études quasi-expérimentales démontrent une efficacité plus constante mais moins fréquemment significative. Les outils de mise en œuvre varient entre passerelles SMS, applications sur mesure et plateformes tierces, certaines interventions combinant plusieurs de ces approches. Les interventions par SMS ont eu un impact positif sur la fréquentation des consultations prénatales, les connaissances en santé maternelle et les comportements, avec une efficacité variant selon le type d’intervention, le contenu, la fréquence et l’approche de mise en œuvre.
Conclusion Les interventions basées sur les SMS ont le potentiel d’améliorer les soins prénatals dans les pays à revenu faible et intermédiaire en fournissant des informations de santé adaptées et en encourageant des comportements favorables. Des recherches supplémentaires devraient affiner ou répliquer ces interventions et explorer leurs effets à long terme sur la santé maternelle et infantile, en particulier dans les régions sous-représentées.